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Les Instants Vidéo se définissent comme un festival dédié à la poésie électronique.
Il ne s’agit pas d’un nouveau genre qui viendrait se rajouter à l’art
vidéo et multimédia. Nous désignons par ce terme
toutes démarches innovantes en matière d’écriture
audiovisuelle et multimédia, ce que Deleuze notait au
sujet de la poésie : une langue presqu’étrangère.
C’est en cela que nous définissons le multimédia
comme un art impur, hybride, favorable à toutes
sortes de croisements, d’altérations.

Les Instants Vidéo s’intéressent aux nouvelles formes
d’écritures et aux œuvres sensibles
et sans cible : art vidéo, installations multimédias,
performances, documentaires de créations…. Nous organisons
chaque année en novembre, depuis 1988, un festival international.
Les Instants vidéo accueillent l’art audiovisuel et multimédia
sous toutes ses formes, un vaste domaine en continuelle évolution,
en proie à des variations thématiques, formelles et technologiques.
Nos programmations reflètent cette mobilité, dépassent
les limites traditionnelles entre les disciplines et les médias et
s’intéressent aux espaces intermédiaires : le
cinéma, la télévision, les arts médias et
les arts plastiques. Le film, la vidéo, l’audio, l’installation
et la performance se côtoient et se mêlent au travers d’une
grande variété d’œuvres françaises et
internationales.
Les Instants Vidéo n’organisent pas de compétition.
Nous nous voulons un espace de rencontres, de découvertes,
de confrontations, d’expérimentations, de productions de
pensée et d’amitié.
Les Instants Vidéo aiment les œuvres qu’ils montrent
et les artistes qu’ils accueillent. Nous avons
découvert, encouragé, promu de jeunes artistes.
Les Instants Vidéo ne dictent pas de thématique, mais
donnent cependant, chaque année, un titre à la manifestation
comme on le fait pour un recueil de poème : Brûle
ta propre patience ; Résistance
mon beau souci ; L’image à bras le corps ; Sous
le signe du Quetzal. Chaque artiste peut ou pas en tenir
compte.
Les Instants Vidéo s’intéressent aux publics qu’ils
accueillent. Ils les considèrent comme des specta(c)teurs de
leurs destinées, des assemblées souveraines : le regard
créé l’œuvre.
Aussi, depuis notre création en 1988, nous développons
des stratégies afin de permettre à des publics diversifiés
d’avoir accès aux œuvres d’art vidéo
et multimédia, en tenant compte du développement rapide
des technologies de production et de diffusion.
À l’origine de notre manifestation, la création vidéo
et multimédia ne bénéficiait encore que d’une reconnaissance
discrète des institutions, et d’une attention réduite de
la part du public. C’est pourquoi, outre la décision d’organiser
annuellement une manifestation internationale en région PACA, nous avons
parallèlement mené des actions de sensibilisation du
public : ateliers de création en milieu scolaire et associatif, diffusion
régulière d’œuvres vidéo en Région,
développement de partenariats avec des écoles d’art, des
musées d’art contemporain, des associations.
Les Instants Vidéo sont nomades. Nous parcourons
le monde en quête de rencontres qui nous transforment et nous avons
considérablement développé notre réseau régional,
national et international (diffusion, conférence,
workshop…).
Les Instants Vidéo s’intéressent à l’Histoire
de l’art à condition qu’elle donne à penser le
présent et le futur, à condition qu’elle stimule
la création contemporaine. Ils aiment les mémoires vagabondes.
Les Instants Vidéo sont une manifestation en mouvement.
Nous inventons notre parcours chemin faisant en fonction des désirs,
des rencontres, des mutations technologiques. Nous sommes à la
fois déterminés dans nos engagements en faveur des nouvelles écritures
multimédias, et ouverts aux influences qui nous transforment.
Diffusion
La fonction « diffusion », généralement
attribuée aux festivals, est obsolète s’il n’est
pas pris en compte simultanément les autres maillons
de la chaîne : artiste-machines-production-œuvre-distribution-diffusion-publics…. Faute
de quoi, les manifestations « festivalières » sont
contraintes à réduire leurs activités et à être
seulement une vitrine de la création (comme cela existe pour la
mode), un marché ou un parc de loisirs culturels. Nous pensons
que notre mission est :
- donner accès à des œuvres historiques
de l’art vidéo, à des œuvres méconnues (Amérique
du sud, Balkans, Moyen-Orient, Asie, Afrique…) et les accompagner d’une
réflexion critique. Cette démarche peut être menée
face à un public ou à distance grâce aux moyens de communication
disponibles.
- accompagner les artistes depuis l’émergence
de leur désir de créer une œuvre ; faciliter l’accès à des
outils de production performants ; contribuer à la recherche
de moyens financiers pour produire ; générer
une réflexion critique sur le projet de l’artiste puis
sur l’objet créé ; convaincre des distributeurs à inscrire
les œuvres dans leur catalogue ou être nous-mêmes des intermédiaires
entre les artistes et les diffuseurs potentiels.
- réunir les conditions
optimales pour projeter ou exposer les œuvres en France et à l’étranger.
- rendre possible une disponibilité du regard et de
l’écoute des publics (nous insistons ici sur le pluriel du mot « public »,
car il s’agit bien pour nous de permettre à des publics généralement
exclus de la sphère artistique de découvrir ce champ de l’imagination
contemporaine).
Le refus de spécialiser notre manifestation dans une fonction
de vitrine des arts électroniques et numériques sous-entend
que les Instants Vidéo sont une manifestation « engagée ».
Un engagement qui vise, faut-il le préciser, autre chose que vassaliser
les artistes et les œuvres à une quelconque mode esthétique
ou technologique. Nous pensons au contraire que nous avons un devoir
d’écoute du sensible et des expérimentations fragiles.
L’engagement signifie aussi que notre collectif n’est pas
seulement une instance gestionnaire de budgets, une machine à sélectionner
des œuvres présentables, mais aussi une force productive :
production d’œuvres, de textes critiques, expérimentations
diverses, animation d’ateliers de création…. Ce décloisonnement
de nos activités est une des conditions essentielles pour appréhender
la réalité de la vie artistique d’aujourd’hui.
Formation
Les Instants Vidéo ont toujours été soucieux de
rendre accessibles au plus grand nombre les arts vidéo et multimédias
par l’organisation d’ateliers de réflexion et de création.
Nos actions font toujours coïncider une dispense de connaissances
(Histoire de l’art vidéo, ses différentes tendances
en France, en Europe et sur les autres continents…), suivie d’un
atelier de création expérimentale qui tient compte de la
singularité du contexte culturel, économique ou politique
où il se déroule.
Des ateliers de réflexion et de pratiques artistiques furent ainsi
régulièrement menés dans des Universités
marocaines ou Instituts culturels (Casablanca, Agadir, Oujda, Fes…),
dans les Ecoles d’art de Zagreb et Split (Croatie), à l’Alliance
Française de Mar del Plata (Argentine), dans des collèges
et lycées (Aubagne, Manosque…), (…) MJC, Associations
de quartier… Ils ont mené des actions de partenariat
avec les associations Lieux Fictifs (Marseille) et les Yeux de l’ouie
(Metz et Paris) en milieu carcéral…
Ecritures
Les arts vidéo et multimédias sont en mutation constante à la
fois du fait des innovations technologiques qui engendrent de nouvelles
expérimentations d’écriture, et des contextes géo-politiques
en plein bouleversement sur le plan européen et planétaire.
Ce contexte nécessite une observation attentive des démarches
et des œuvres qui résultent de ces mutations, une analyse
régulière et approfondie de ces travaux pour tenter de
dégager quelques concepts pertinents.
Notre association travaille régulièrement avec des revues
telles que Bref (Agence du court-métrage), Il Particolare (art
et théorie)….
En Novembre 2006, nous avons édité (avec Incid 90) un
livre historique et de réflexions sur l’art vidéo
international en s’appuyant sur l’expérience singulière
de notre association : Le temps à l’œuvre,
f(r)iction écrit par Marc Mercier.
Engagée durant 3 ans (mai 2004 à avril 2007) dans un projet
européen (Culture 2000), intitulée OASIS (sauvegarde
et dissémination d’une part importante de l’Histoire
de l’art vidéo européen sur le réseau Internet),
notre association s’est penchée sur son Histoire à partir
de deux questions : Que s’est-il passé ? et Que
s’est-il pensé ? ces vingt dernières années.
Ce travail sur la mémoire a fait l’objet d’une base
de donnée historique, théorique et poétique, L’œuvre
du temps, archive vivante de 19 années de festival et de
rencontres.
Production
Depuis 2004, notre association (qui comporte en son sein une équipe
d’artistes) s’engage dans des opérations de production
ou co-production d’œuvres vidéo (art vidéo,
documentaire de création, installation vidéo, net art).
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