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(IN)DEFINITION

23es Instants Vidéo 2010
Un festival POétique POlitique POétronique

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Les Instants Vidéo se définissent comme un festival dédié à la poésie électronique. Il ne s’agit pas d’un nouveau genre qui viendrait se rajouter à l’art vidéo et multimédia. Nous désignons par ce terme toutes démarches innovantes en matière d’écriture audiovisuelle et multimédia, ce que Deleuze notait au sujet de la poésie : une langue presqu’étrangère. C’est en cela que nous définissons le multimédia comme un art impur, hybride, favorable à toutes sortes de croisements, d’altérations.

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Les Instants Vidéo s’intéressent aux nouvelles formes d’écritures et aux œuvres sensibles et sans cible : art vidéo, installations multimédias, performances, documentaires de créations…. Nous organisons chaque année en novembre, depuis 1988, un festival international.

Les Instants vidéo accueillent l’art audiovisuel et multimédia sous toutes ses formes, un vaste domaine en continuelle évolution, en proie à des variations thématiques, formelles et technologiques. Nos programmations reflètent cette mobilité, dépassent les limites traditionnelles entre les disciplines et les médias et s’intéressent aux espaces intermédiaires : le cinéma, la télévision, les arts médias et les arts plastiques. Le film, la vidéo, l’audio, l’installation et la performance se côtoient et se mêlent au travers d’une grande variété d’œuvres françaises et internationales.

Les Instants Vidéo n’organisent pas de compétition. Nous nous voulons un espace de rencontres, de découvertes, de confrontations, d’expérimentations, de productions de pensée et d’amitié.

Les Instants Vidéo aiment les œuvres qu’ils montrent et les artistes qu’ils accueillent. Nous avons découvert, encouragé, promu de jeunes artistes.

Les Instants Vidéo ne dictent pas de thématique, mais donnent cependant, chaque année, un titre à la manifestation comme on le fait pour un recueil de poème : Brûle ta propre patience ; Résistance mon beau souci ; L’image à bras le corps ; Sous le signe du Quetzal. Chaque artiste peut ou pas en tenir compte.

Les Instants Vidéo s’intéressent aux publics qu’ils accueillent. Ils les considèrent comme des specta(c)teurs de leurs destinées, des assemblées souveraines : le regard créé l’œuvre.
Aussi, depuis notre création en 1988, nous développons des stratégies afin de permettre à des publics diversifiés d’avoir accès aux œuvres d’art vidéo et multimédia, en tenant compte du développement rapide des technologies de production et de diffusion.
À l’origine de notre manifestation, la création vidéo et multimédia ne bénéficiait encore que d’une reconnaissance discrète des institutions, et d’une attention réduite de la part du public. C’est pourquoi, outre la décision d’organiser annuellement une manifestation internationale en région PACA, nous avons parallèlement mené des actions de sensibilisation du public : ateliers de création en milieu scolaire et associatif, diffusion régulière d’œuvres vidéo en Région, développement de partenariats avec des écoles d’art, des musées d’art contemporain, des associations. 
Les Instants Vidéo sont nomades. Nous parcourons le monde en quête de rencontres qui nous transforment et nous avons considérablement développé notre réseau régional, national et international (diffusion, conférence, workshop…).

Les Instants Vidéo s’intéressent à l’Histoire de l’art à condition qu’elle donne à penser le présent et le futur, à condition qu’elle stimule la création contemporaine. Ils aiment les mémoires vagabondes.
Les Instants Vidéo sont une manifestation en mouvement. Nous inventons notre parcours chemin faisant en fonction des désirs, des rencontres, des mutations technologiques. Nous sommes à la fois déterminés dans nos engagements en faveur des nouvelles écritures multimédias, et ouverts aux influences qui nous transforment.

Diffusion
La fonction « diffusion », généralement attribuée aux festivals, est obsolète s’il n’est pas pris en compte simultanément les autres maillons de la chaîne : artiste-machines-production-œuvre-distribution-diffusion-publics…. Faute de quoi, les manifestations « festivalières » sont contraintes à réduire leurs activités et à être seulement une vitrine de la création (comme cela existe pour la mode), un marché ou un parc de loisirs culturels. Nous pensons que notre mission est :
- donner accès à des œuvres historiques de l’art vidéo, à des œuvres méconnues (Amérique du sud, Balkans, Moyen-Orient, Asie, Afrique…) et les accompagner d’une réflexion critique. Cette démarche peut être menée face à un public ou à distance grâce aux moyens de communication disponibles.
- accompagner les artistes depuis l’émergence de leur désir de créer une         œuvre ; faciliter l’accès à des outils de production performants ; contribuer à la recherche de moyens financiers pour produire ; générer une réflexion critique sur le projet de l’artiste puis sur l’objet créé ; convaincre des distributeurs à inscrire les œuvres dans leur catalogue ou être nous-mêmes des intermédiaires entre les artistes et les diffuseurs potentiels.
       - réunir les conditions optimales pour projeter ou exposer les œuvres en France et à l’étranger.
- rendre possible une disponibilité du regard et de l’écoute des publics (nous insistons ici sur le pluriel du mot « public », car il s’agit bien pour nous de permettre à des publics généralement exclus de la sphère artistique de découvrir ce champ de l’imagination contemporaine).

Le refus de spécialiser notre manifestation dans une fonction de vitrine des arts électroniques et numériques sous-entend que les Instants Vidéo sont une manifestation « engagée ». Un engagement qui vise, faut-il le préciser, autre chose que vassaliser les artistes et les œuvres à une quelconque mode esthétique ou technologique. Nous pensons au contraire que nous avons un devoir d’écoute du sensible et des expérimentations fragiles.
L’engagement signifie aussi que notre collectif n’est pas seulement une instance gestionnaire de budgets, une machine à sélectionner des œuvres présentables, mais aussi une force productive : production d’œuvres, de textes critiques, expérimentations diverses, animation d’ateliers de création…. Ce décloisonnement de nos activités est une des conditions essentielles pour appréhender la réalité de la vie artistique d’aujourd’hui.

Formation
Les Instants Vidéo ont toujours été soucieux de rendre accessibles au plus grand nombre les arts vidéo et multimédias par l’organisation d’ateliers de réflexion et de création. Nos actions font toujours coïncider une dispense de connaissances (Histoire de l’art vidéo, ses différentes tendances en France, en Europe et sur les autres continents…), suivie d’un atelier de création expérimentale qui tient compte de la singularité du contexte culturel, économique ou politique où il se déroule.
Des ateliers de réflexion et de pratiques artistiques furent ainsi régulièrement menés dans des Universités marocaines ou Instituts culturels (Casablanca, Agadir, Oujda, Fes…), dans les Ecoles d’art de Zagreb et Split (Croatie), à l’Alliance Française de Mar del Plata (Argentine), dans des collèges et lycées (Aubagne, Manosque…), (…) MJC, Associations de quartier…  Ils ont mené des actions de partenariat avec les associations Lieux Fictifs (Marseille) et les Yeux de l’ouie (Metz et Paris) en milieu carcéral…

Ecritures
Les arts vidéo et multimédias sont en mutation constante à la fois du fait des innovations technologiques qui engendrent de nouvelles expérimentations d’écriture, et des contextes géo-politiques en plein bouleversement sur le plan européen et planétaire.
Ce contexte nécessite une observation attentive des démarches et des œuvres qui résultent de ces mutations, une analyse régulière et approfondie de ces travaux pour tenter de dégager quelques concepts pertinents.
Notre association travaille régulièrement avec des revues telles que Bref (Agence du court-métrage), Il Particolare (art et théorie)….

En Novembre 2006, nous avons édité (avec Incid 90) un livre historique et de réflexions sur l’art vidéo international en s’appuyant sur l’expérience singulière de notre association : Le temps à l’œuvre, f(r)iction écrit par Marc Mercier.
Engagée durant 3 ans (mai 2004 à avril 2007) dans un projet européen (Culture 2000), intitulée OASIS (sauvegarde et dissémination d’une part importante de l’Histoire de l’art vidéo européen sur le réseau Internet), notre association s’est penchée sur son Histoire à partir de deux questions : Que s’est-il passé ? et Que s’est-il pensé ? ces vingt dernières années.
Ce travail sur la mémoire a fait l’objet d’une base de donnée historique, théorique et poétique, L’œuvre du temps, archive vivante de 19 années de festival et de rencontres.

Production
Depuis 2004, notre association (qui comporte en son sein une équipe d’artistes) s’engage dans des opérations de production ou co-production d’œuvres vidéo (art vidéo, documentaire de création, installation vidéo, net art).